Docteur Marceau Dupuy

Marceau Dupuy
Marceau Dupuy, aux élections de 1946

La nuit est maintenant totalement tombée. Entouré de ma sœur, de mes cousins et des enfants de Puisseguin nous attendons que l’on nous distribue les fidèles lampions qui éclairerons, cette année à nouveau, la « retraite aux flambeaux » de la mairie au stade du Cros.
A notre arrivée au Cros, le traditionnel et attendu feu d’artifice y enflammera le ciel étoilé. Moment symbolique de la fête nationale française.
C’est, dans mes souvenirs d’enfance, un des temps forts ancrés dans ce lieu de la vie sociale et sportive Puisseguinaise qu’est le Cros.

Le Cros a été à la croisée de la vie et de l’action de mon grand-père, Marceau Dupuy.

Comme médecin, il a toute sa vie milité pour que chacun puisse avoir accès à une  hygiène de vie de qualité. Elle passait pour lui  par une activité physique contrôlée pour chacun et ceci quelles que soient nos compétences et notre âge.
Comme homme politique, il a contribué à doter sa commune d’équipements sanitaires et sportifs, à l’instar du Cros.
Comme homme, il a lutté pour que son pays, sa commune, soient et restent libres.

Une vision élargie de la commune à ce qu’il n’était pas encore une intercommunalité, avec la mise à disposition de moyens de vie  pour le bien de tous, dans le respect de chacun, animait mon grand père.

Que le Cros devienne un projet et une réalité de complexe sportif intercommunal portant le nom de Marceau Dupuy est un hommage auquel toute sa famille est particulièrement sensible.

José L Garcia-Macé


Le Puisseguinais
Marceau Dupuy est né le 13 juillet 1894 à Blois.
Il fait ses études de médecine à Bordeaux et s’installe, en 1924, comme médecin généraliste à Puisseguin. Il ne quittera plus Puisseguin.
Il y rencontre, à Langlais, Aline Berthon puisseguinaise de souche qu’il épouse et avec laquelle il aura deux enfants. Alain et France.
En 1936, il achète le Château Beauséjour où il s’établi comme médecin, mais aussi propriétaire viticulteur.
Beauséjour et Langlais sont toujours des vignobles exploités par la famille Dupuy.
Il décède le 14 août 1992à Puisseguin, où il est inhumé.
Marceau Dupuy
Champion de France de rugby avec le BEC en 1921 2e en haut à gauche
L’homme politique
Marceau Dupuy à gauche et Edouard son frère Attaché à l’efficacité des actions de proximité, il contribue activement à la vie locale comme Maire de Puisseguin pendant quarante trois ans (de 1935 à 1977) ainsi que comme Conseiller Général du canton de Lussac pendant vingt cinq ans (de 1945 à 1970).
Il fonde et préside le Syndicat d’Adduction d’Eau de l’Est de Libournais.
Elu député de la Gironde de 1946 à 1951 sur la  liste menée par Jacques Chaban-Delmas, il siège à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, à celle du ravitaillement, puis à celles de l'éducation nationale, des finances et des boissons.
De 1951 à 1958 il est élu conseiller de l’Union Française (L’Assemblée de l'Union française était formée, d'une part, de la République française qui comprenait la France métropolitaine, les départements et territoires d'outre-mer, et d'autre part, des territoires et États associés).
Dans toutes ses missions et actions il défend la place de la viticulture.
L’homme engagé au service de son pays
Son engagement a toujours été celui du risque pour le bien tous.

En 1914, il a 20 ans. Etudiant en seconde année de médecine il peut partir comme adjudant infirmier. Il refuse ce qu’il considère comme un poste en retrait et s’engage dès le début de la guerre comme fantassin sur le front. Il est nommé aspirant en 1916 ; cinquante hommes sont alors sous ses ordres. Puis, après être passé par Saint Cyr (dont il sort officier) et Joinville, il rejoint la base de Miramas en 1917 pour piloter les avions de chasse.  Il termine, vivant, la « sale guerre » lieutenant et décoré de la Croix de Guerre.

En 1939 il est envoyé à Chartres-Châteaudun pour diriger les services hospitaliers. Après la débâcle de l’armée française, il rentre à Puisseguin.

Il s’engage rapidement dans la résistance active. Il aide son frère, le Docteur Edouard Dupuy (Maire et Conseiller Général de Villamblard en Dordogne), à cacher de nombreuses familles et à les faire « passer en zone libre ». Echappant à la Gestapo les deux frères et Alain, le fils de Marceau, rejoignent par l’Espagne les forces françaises qui continuent la guerre en Afrique. Il demande à incorporer les bataillons de choc parachutistes en vue du débarquement. Le premier commando lourd débarque dans le midi de la France, il en fait partie et rejoint l’Alsace où les combats font rage. On le recherche alors comme déserteur à Puisseguin. Il rentre dans Belfort avec la première vague d’assaut, celle qui libère la ville.

Médaillé de la Croix de Guerre 1939-1945, de la résistance, des évadés, Marceau Dupuy a été élevé au grade de chevalier de Légion d’Honneur à titre militaire avant d’être promu à ceux d’officier puis de Commandeur.